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Le système de Sirius Dogon

La découverte la plus intéressante fut celle des ethnologues français Marcel Griaule et Germaine Dieterlen, étudiant les rites de la tribu Dogon des Monts Hombori et du plateau de Bandiagara au Mali entre 1936 et 1950. Ils furent atterrés par les exceptionnelles connaissances astronomiques de ces indigènes, pourtant dépourvus de tout matériel d’optique. Cette peuplade descendait d’une MarcelGriaule en pays Dogoncivilisation du Proche-Orient, peut-être liée aux Sumériens. Initiés en 1946 par un prêtre Dogon, Ogotemmeli, les deux ethnologues publient en 1951, après quatre années d’enquêtes, un ouvrage (" Le renard pâle "(1)) ainsi qu’un article (" Un système soudanais de Sirius ") où ils narrent ces révélations qu’eux-mêmes jugent sensationnelles.

Le prêtre leur révéla que les Dogons connaissaient depuis des temps immémoriaux, deux étoiles compagnes de Sirius. Cependant, la seule vision humaine ne permettait d’apercevoir que l’étoile Sirius. En 1862, l’astronome américain Alvan Clarke découvrait à l’aide d’un télescope puissant la deuxième étoile proche qui fut appelé Sirius B, une naine blanche, compagnon plus petit et plus lourd que Sirius et que les Dogons avaient baptisé " Po Tolo " ou " Po-Digitaria " du nom d’une graine de céréale très petite et lourde, communément utilisée. Les Dogons savaient que Sirius B ou " Po Tolo " bouclait son orbite elliptique autour de Sirius A en 50 ans, découverte qui n’avait pas encore été faite puisque la période de révolution, 50,090 an, ne fut établie définitivement qu’en 1960 par Van Den Bas. Témoignage de cette connaissance astronomique ancienne, les Dogons célébraient tous les demi-siècle la fête de " Sigui " dont les cérémonies sont censées favoriser le " renouvellement du monde " et avoir une incidence pour la bonne tenue des récoltes notamment. Les Dogons affirmaient également qu’il existait une troisième étoile dans ce système que nous nommerons Sirius C. Ogotemmeli devait révéler que leurs ancêtres étaient venus d’une planète orbitant autour de cette étoile qu’ils nommaient " Emma Ya ", " Sorgo " ou bien encore " L’étoile des femmes ". Le prêtre affirma que la période de révolution de cette étoile autour de Sirius A était de 32 ans, sur une orbite elliptique très excentrique et perpendiculaire à celle de Sirius B. Dès 1920, certains chercheurs postulaient la possibilité de son existence. En 1991, soit environ quarante-cinq ans après que Griaule et Dieterlen aient recueilli ce témoignage du prêtre Dogon Ogotemmeli, les astronomes Jean-Marc Bonnet-Bidaud et Cécile Gry affirmaient, dans la revue " Astronomy & Astrophysics ", soupçonner l’existence de Sirius C du fait d’un changement de couleur du système qui avait été distingué au fil des observations, posant notamment l’hypothèse que le troisième compagnon de Sirius pouvait avoir une orbite très aplatie. Les dernières simulations par informatique effectuées à l’observatoire de Nice par les astronomes Jean-Louis Duvent et Daniel Benest semblent confirmer son existence.

Ces données étonnantes et extrêmement précises pour un peuple démuni de tout instrument d’optique, se trouvaient dessinées sur leurs objets précieux. C’est donc d’une des planètes orbitant autour d’ " Emma Ya " ou Sirius C, que les ancêtres des Dogons seraient venus sur Terre il y a fort longtemps à bord du vaisseau interplanétaire " Nomo ". Le vaisseau était rouge comme le feu lorsqu’il atterrit dans un tourbillon de poussière au Nord-Est du pays. Il fut par la suite traîné dans une dépression remplie d’eau où il put ainsi flotter. Les entités qui en sortirent étaient, selon la tradition, des êtres amphibiens ce qui ramène à l’homme-poisson sumérien Oannès qui aurait éduqué et civilisé les hommes. Le souvenir de cette arrivée est d’ailleurs perpétué par les Dogons par la célébration du jour du poisson. L’eau est également vénérée par les Dogons comme étant la force vitale de la Terre, présente jusque dans les pierres. Cette croyance est également troublante, puisque ce n’est que récemment, pour les besoins de l’exploration spatiale, que fut mise en évidence la possibilité d’extraire des molécules d’eau de la pierre.

" Nomo ", terme qui désigne également le chef du vaisseau, débarqua sur Terre porteur de fibres végétales tirées des plantes qui poussaient déjà dans les " champs du ciel ". Après avoir créé la terre, les plantes et les animaux, il engendra le premier couple d’humains qui devait faire naître les huit grands ancêtres de l’humanité. Puis, " Nomo " s’en repartit dans les cieux, une fois sa tâche accomplie.

Mais le savoir Dogon ne se limite pas seulement à Sirius et ses compagnons. Ils connaissent également les différentes phases de Vénus, très semblables à celles de la Lune, et donnent six noms différents pour décrire l’aspect de cette planète. Ils affirmèrent également connaître l’existence d’un compagnon de Vénus, qui pourrait être l’astéroïde Toro dont l’existence ne fut pourtant que très récemment établie. Les Dogons divisent les cieux en vingt-deux parties égales et en deux-cent soixante six constellations. L’univers tourne selon eux en spirale conique et a été créé à partir d’un noyau central par la voix d’ " Amma ", leur dieu suprême, à l’image de Yahvé. Ils considèrent comme Einstein que l’univers, quoique infini, est toutefois mesurable et que les mondes infinis s’éloignent de nous à des vitesses supérieures, dans un mouvement spiralé fait d’une combinaison de translations et de rotations qui se retrouvent à l’échelle de l’infiniment petit comme de l’infiniment grand, théorie qui rejoint une fois encore les plus modernes descriptions de la structure de notre univers en expansion.

(1) Le Renard Pale, Tome I, Le Mythe Cosmogonique, Fascicule I : La Creation Du Monde.
Auteur(s) : marcel griaule - Dieterlen Germaine. Editeur : Institut D’ethnologie, Paris. Parution : 01/01/1965. Travaux et Mémoires de l’Institut d’Ethnologie, LXXII. Avec le concours du CNRS. Amma. Ogo. Sacrifice et résurrection du Nommo.

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