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Wikileaks, Snowden...

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A l’occasion de la sortie en salle d’un film controversé sur l’épopée Wikileaks, France-Info propose un sujet sur Wikileaks, Snowden, les lanceurs d’alerte et les journalistes. Les premiers ayant révolutionné le travail des derniers. Il ressort du sujet de France-Info que l’implication des journalistes dans le processus de révélation de documents confidentiels par Wikileaks ou Edward Snowden est une bonne chose. Elle permet de trier, analyser, mettre en perspective les informations. Est-ce vraiment le cas ?

Les journalistes opèrent un tri. Bien entendu, toute liste d’informations peut être classée en fonction de l’importance de chacune d’entre elles. Ce tri n’est pourtant pas anodin. Les citoyens d’un pays peuvent se sentir plus concernés par un sujet qui les touche que par un sujet qui implique un pays lointain. Les journalistes choisiront donc de mettre en valeur les informations dont ils estiment qu’elles intéresseront le plus leurs lecteurs. C’est la loi de proximité appliquée aux lanceurs d’alerte. Cette loi de proximité consiste généralement à mettre en « Une » l’opération de la prostate de François Hollande, et les 1000 morts en Inde en brève, au bas de la colonne de droite d’une page impaire. Cuisine interne… Qu’on le veuille ou non, cette démarche journalistique consiste à penser à la place du lecteur. Ceci va t’intéresser et cela, non. Je t’impose une lecture en fonction de ce que je crois important pour toi, ami lecteur. Les choix éditoriaux sont, comme leur nom l’indique, des choix. Avec les conséquences associées à tout choix.

Dans le cas qui nous intéresse, les choix ne se limitent pas aux informations qui seront mises en valeur. Il s’agit aussi de « censure » déguisée. Pour toutes sortes de bonnes et/ou mauvaises raisons, les journalistes qui ont eu à traiter des informations de Wikileaks, des OffshoreLeaks (tiens, c’est fini ces révélations qui devaient porter un coup fatal à la Finance ?), des révélations d’Edward Snowden, ont omis de publier des parties importantes dans des présentations powerpoint, des détails techniques, certaines parties ont été masquées…

On comprend aisément que le lanceur d’alertes demande aux journalistes avec qui il travaille de ne pas révéler certaines parties pour se protéger ou protéger une source. C’est un peu plus dur à comprendre lorsque c’est le journaliste qui décide de le faire de son propre chef. Or, en ce qui concerne les documents d’Edward Snowden, chaque journal a, à plusieurs reprises, censuré certains passages. Pour les mêmes documents, les passages épurés sont différents. Il s’agit donc d’une décision interne et pas d’une demande d’Edward Snowden.

TechCat h4z more SkillZ th4n you, journos…


Les sujets évoqués par Wikileaks, les OffshoreLeaks ou Edward Snowden sont généralement très pointus. Finance internationale, Technologies Internet complexes, écoutes, ces sujets demandent des connaissances techniques pointues. Les journalistes qui mettent en perspective ces informations seraient-ils les mieux placés ?

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Bien entendu, Jean-Michel Aphatie est tout à fait légitime sur ces sujets, tout comme Christophe Barbier. Ces deux journalistes font pâlir Wikipedia et l’Encyclopædia Universalis. Mais les autres ? Internet a démontré depuis des lustres que certains particuliers avaient des connaissances sur certains sujets, bien plus larges que celles des journalistes spécialisés. Prenons un exemple… Préférez-vous une analyse technique d’un journaliste sur les écoutes de la NSA ou celle de ce blog ?

Préférez-vous un site permettant de fouiner dans une masse complète de données révélées par un sonneur d’alerte ou des articles épars, contenant des bouts de documents dans un journal ? On aurait pu imaginer qu’Edward Snowden (ou Wikileaks en son temps) définisse avec les journaux « partenaires » les documents publiables et ceux qui ne le sont pas. Ensuite, ces documents auraient été mis en ligne. Après seulement, les articles les mettant en perspective auraient été publiés au fil des mois.

Enfin, mieux vaut un gros crowdsourcing que quelques personnes pour analyser un document, cela aussi, Internet l’a démontré depuis longtemps.

Mais c’est moins bon pour le buzz.

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