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Dieu d’eau : entretiens avec Ogotemmêli

Dieu d’eau : entretiens avec Ogotemmêli

Résultat d’une mission chez les Dogons, peuple de paysans-guerriers d’Afrique occidentale, réalisée en 1946 : trente-trois jours d’entretiens avec un vieux chasseur aveugle, Ogotemmêli, qui révèle un aspect jusqu’alors insoupçonné de la culture dogon : une cosmogonie, une vision symbolique de l’univers, une conception organisée de la personne et du verbe. Marcel Griaule tente dans cet ouvrage de pénétrer davantage la "connaissance profonde" de la société dogon en orientant désormais toutes ses recherches vers la mythologie et le symbolisme.


- Dieu d’eau : entretiens avec Ogotemmêli
- Auteur : Marcel Griaule
- Publié chez Fayard - 1966. Rééd 1997
- Langue : Français
- ISBN-10 : 2286023468
- ISBN-13 : 978-2286023461


Extrait de l’introduction du livre

Dans l’un des chaos de roches les plus étonnants de l’Afrique, vit une population de paysans-guerriers qui fut l’une des dernières du domaine français à perdre son indépendance.

Pour la plupart des Blancs de l’Afrique occidentale, les Dogon sont de dangereux hommes, sinon les plus arriérés de la Fédération. Ils passent pour pratiquer encore des sacrifices humains et pour se défendre d’autant mieux contre les influences extérieures qu’ils habitent un pays difficile. Des littérateurs ont raconté leurs petites peurs lors d’excursions supposées téméraires. D’après ces légendes et sous prétexte de révoltes dues souvent à des malentendus, on a parfois tenu en exil des villages entiers.

En bref, les Dogon représenteraient l’un des plus beaux exemples de primitivité farouche et cette opinion est partagée par certains Noirs musulmans qui, intellectuellement, ne sont pas mieux outillés que les Blancs pour apprécier ceux de leurs frères fidèles aux traditions ancestrales. Seuls les fonctionnaires qui ont assumé la lourde tâche d’administrer ces hommes ont appris à les aimer.

L’auteur de ce livre et ses nombreux coéquipiers fréquentent les Dogon depuis une quinzaine d’années. Ils ont publié sur ces hommes des travaux qui en font actuellement le peuple le mieux connu du Soudan français : Les Ames des Dogon (G. DIETERLEN, 1941), Les Devises (S. DE GANAY 1941), Les Masques (M. GRIAULE, 1938) ont apporté à l’érudition la preuve que les Noirs vivaient sur des idées complexes, mais ordonnées, sur des systèmes d’institutions et de rites où rien n’est laissé au hasard ou à la fantaisie. Ces travaux, il y a déjà dix ans, attiraient l’attention sur des faits nouveaux concernant la « force vitale » dont les sociologues nous entretiennent depuis un demi-siècle. Ils démontraient l’importance primordiale de la notion de personne, elle-même liée à celle de société, d’univers, de divinité....”....”

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