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L’Afrique et Jean Rouch

Pierre SABBAGH reçoit le cinéaste ethnographe Jean ROUCH qui explique comment il conçoit son travail : enregistrer les traditions avant qu’elles ne disparaissent.Jean ROUCH vient présenter deux films.

Le premier sur le Moro Naba, chef traditionnel des Mossis en Haute Volta (Burkina Fasso), et la cérémonie de ses funérailles et de son élection. Pendant les funérailles les Mossis font de la musique, dansent et sacrifient des animaux. Les Mossis viennent de tout le pays pour suivre les funérailles de leur chef qui se terminent avec le coucher du soleil. Pendant la nuit, les dignitaires mossis élisent le prochain Moro Naba et quand le soleil se lève il apparaît et on lui rend hommage toute la journée. En plein milieu de la cérémonie, le rituel doit être stoppé car les autorités coloniales françaises veulent connaître le nouveau chef Mossis. Puis, la cérémonie reprend jusqu’au coucher du soleil, moment où le nouveau Moro Naba devient véritablement le Moro Naba : "le roi soleil".

Le second film concerne le transfert d’un vase rituel, le Hampi, symbole du tonnerre . Ce transfert se fait jusqu’au musée de Niamey ouvert par Jean ROUCH et Pablo TOUCET . Pour que les Nigériens acceptent le déplacement de cet objet à haute valeur symbolique, il a fallu qu’une cérémonie ait lieu. Jean ROUCH commente cette cérémonie durant laquelle les dieux sont consultés pour leur demander leur accord ; images d’ un sacrifice avec des danseurs entrent en transe, possédés par les esprits invoqués. Ces danses de possession, rappelle Jean ROUCH, sont les ancêtres des rituels vaudous.